Les pleurs de mon enfant

10 octobre 2019 | Parents / Enfant

Les pleurs de mon enfant

Lors de la rencontre du 25 juin 2019 à la savonnerie Elishéa de Vauréal avec Education positive en famille, j’ai eus l’occasion de recevoir plusieurs questions des participantes.

La proposition est de développer le sujet au travers d’articles complets mis en ligne.

Parlons maintenant des pleurs et de la séparation….

« Comment aider à limiter les pleurs lors de la séparation car les câlins ne suffisent pas. »

Les besoins

Les questions que l’on peut se poser à ce sujet sont de savoir quel est le besoin réel de l’enfant. Est ce que nous l’avons bien identifié ?

Parfois un enfant pleure pour ses besoins primaires : il a soif, faim, froid ou chaud… Ces besoins sont plus faciles à repérer mais quelque fois, nos enfants ne les expriment pas clairement et se mettent à pleurer… sans raison apparentes ! Il faut alors fouiller. « Maman j’ai mal au ventre » par exemple, peut vouloir dire que l’enfant a besoin d’aller aux toilettes ou qu’il est contrarié simplement et non pas qu’il est véritablement malade. C’est en cela que l’enfant peut avoir besoin de nous pour retrouver par lui-même sa capacité – pourtant innée – à identifier ses besoins primaires.

Les besoins secondaires, en lien avec l’affectif et le besoin de sécurité sont les seconds à prendre en compte dans nos diagnostics d’adulte bienveillant. Le besoin peut être très facilement comblé par le contact physique affectueux. On parle alors de « réservoir d’amour ou de sécurité » à remplir pour que l’enfant puisse se mouvoir dans le monde extérieur avec ses ressources internes bien présentent en lui. Plus le bébé est porté, moins le bébé a besoin de pleurer. Non pas parce qu’il « a ce qu’il veut », mais parce qu’il reçoit – au travers du contact physique affectueux –  ce dont il a réellement besoin.

En exemple, je vous glisse une image illustrative simple mais efficace :

 

Il peut s’agir aussi de pleurs liés à la sur-stimulation. Quand un enfant a besoin de mettre en place une forte attention pour une tâche, il se peut qu’il ait un grand besoin de décharger par la suite et cela se passe par les pleurs. Les pleurs ont alors une fonction de rééquilibrage émotionnel et psychologique.

Les pleurs peuvent aussi être la cause de la frustration liée à l’apprentissage et à ses difficultés. Une forme de colère et de découragement qui s’évacue et se régule par la magie des pleurs.

Enfin il se peut que ce soit des douleurs physiques en jeux ou des expériences effrayantes.

Parmi tous ces besoins, il est utile de vérifier chaque possibilité quand les pleurs de son enfant tentent d’indiquer un besoin précis.

Mais dans notre cas, il s’agit plutôt d’aller chercher du côté de la séparation.

 

La séparation

La séparation, c’est une source de stress, de crainte et elle peut réveiller de réelles angoisses chez l’enfant. Savez-vous que – selon William Emerson, spécialiste en traumas périnataux – sur 200 enfants 55% ont vécus des traumas modérés à grave durant la période prénatale ou à la naissance ?

La séparation est généralement la première cause des pleurs de l’enfant car elle génère du stress. C’est donc de ce stress qu’il faut se soucier. Le meilleur moyen pour chacun, mais surtout pour les enfants de réguler le stress est de laisser aller les pleurs et de les accueillir. C’est ainsi que la figure d’attachement secondaire peut prendre le relais, par exemple à l’école avec l’ATSEM, l’animateur du centre de loisirs ou bien les grands-parents, avec un grand câlin réconfortant qui vise seulement à accueillir l’émotion sans rien dire de spécifique.  Ce geste va envoyer de l’ocytocine dans le corps et permettre au système de survie de l’enfant de l’enfant de se détendre tout naturellement.

« Certains parents ignorent l’enfant qui pleure ou tempête, parce qu’ils ont peur de « renforcer » son comportement en y prêtant attention. »

Source : Pleurs et colères des enfants et des enfants et des bébés, Aletha Solter

Les pleurs, un bienfait pour le corps

Les pleurs ont donc un intérêt dans la régulation de l’humeur chez l’être humain. Et l’enfant l’utilise tout naturellement dans son fonctionnement.

Malheureusement, sans avoir les connaissances que je vous synthétise dans cet article, nous avons tendance à réprimer les pleurs des enfants en :

-leur demandant de cesser de pleurer

-les punissant ou en menaçant de les punir

-les privant d’amour ou d’attention, en les isolant

-les distrayant par des paroles, de la musique, du mouvement, des jeux

-leur mettant quelque chose dans la bouche (aliment, tétine)

-les taquinant ou en leur faisant honte

-contestant ou en minimisant leur douleur

-les complimentant parce qu’ils ne pleurent pas

-les faisant parler ou rire

Faire tout cela revient à priver l’enfant et par extension l’adulte qu’il sera, de sa capacité à se faire du bien et à guérir par lui-même. Etre à l’écoute de ses émotions est innée, mais notre société, la façon dont nous avons été éduqué et notre méconnaissance, ont la fâcheuse tendance de faire perdurer le mal-être de l’enfant, de l’adolescent puis de l’adulte que nous sommes.

Employer ses mécanismes qui répriment les pleurs des enfants, c’est aussi renforcer le mécanisme des pleurs et du mal-être et donc, avoir de plus en plus de pleurs ou de colères à gérer !

Donc, pour répondre à la question « Comment aider à limiter les pleurs car les câlins ne suffisent pas », il s’agit en réalité de :

  • Vérifier si le câlin est le besoin que l’enfant exprime ?
  • S’assurer d’avoir une qualité de contact et d’accueil suffisante pour remplir convenablement le réservoir affectif de l’enfant
  • Ne pas tenter de « limiter », mais bien s’assurer que l’enfant va au bout de son processus d’apaisement naturel par les pleurs.

 

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