L’endormissement et Moi, ce parent découragé

10 octobre 2019 | Parents

Lors de la rencontre du 25 juin 2019 à la savonnerie Elishéa de Vauréal avec Education positive en famille, j’ai eu l’occasion de recevoir plusieurs questions des participantes.
La proposition est de développer le sujet au travers d’articles complets mis en ligne.
Parlons maintenant de l’endormissement…

« Mes deux enfants (4 ans et demi et 19 mois) veulent tous les deux maman pour s’endormir, et dans leur chambre, ce qui induit des crises tous les soirs car le papa est absent. »

« J’ai de la difficulté à les faire dormir à des heures correctes (20h30). Ils ne veulent pas et exigent que je reste avec eux. »

L’endormissement pour les jeunes enfants est un sujet délicat pour beaucoup de parents.
Mais voyons quelques pistes pour faciliter ce moment, en tout cas pour le vivre plus sereinement et avancer avec bienveillance auprès de ses enfants.

Une peur

LES MONSTRES ET AUTRES ÊTRES MAGIQUES
Savez-vous qu’un enfant ne devrait pas être confronté à l’imaginaire avant ses 6 ans, contrairement aux idées reçues ? C’est ce que nous explique Maria Montessori dans ses ouvrages. En effet, elle distingue l’imaginaire de l’imagination. L’un est apporté par le fantastique, l’irréel et les histoires basées sur de l’abstraction irréelle et la seconde est basée sur les sens, la réalité en somme.

« Pour Maria Montessori, le petit enfant passe par une phase naturelle où il est “fasciné par le fantastique, par le surnaturel, par l’irréel.” Mais cela correspond pour elle à un stade immature de l’esprit de l’enfant.

En effet, le travail de l’imagination et la créativité qui peut en découler ne peuvent vraiment se déployer que par un contact suffisant avec le réel. On parle ainsi d’imaginaire réel, qui aide l’enfant a construire des abstractions comme par exemple la biche dont on parle qui n’est pas dans la pièce, on l’imagine mais ce n’est pas une biche qui parle. Une biche ne parle pas !

« Celui qui imagine doit posséder une réserve d’impressions sensibles, et plus celles-ci sont exactes et parfaites, plus la forme créée est puissante. Les fous parlent de choses fantastiques et nous ne disons pas pour cela qu’ils ont beaucoup “d’imagination”. Entre la confusion délirante de la pensée et la “figure” de l’imagination, il y a un abîme. (…) Il faut que chacun, pour développer son imagination, s’appuie d’abord sur la réalité. »

La peur des monstres et tous autres les êtres de ce genre avant 6 ans est donc normale mais ne devrait pas être puisque l’environnement de l’enfant à cet âge est censé apporter des bases concrètes. Ceci pour qu’il soit capable de construire des abstractions mentales réelles et non des croyances basées sur… l’irréel et qui s’ancrent comme vérité dans son esprit.

Au moment de dormir, vous pouvez donc aider votre enfant à différencier le vrai du faux, faire le tri, si cela s’avère nécessaire. Remettre de l’ordre dans tout ce qui circule à l’école, avec les copains, la télé, la culture populaire…

LA PHOBIE DU NOIR
La phobie du noir est une peur normale chez l’enfant. Elle n’est pas à minimiser car elle peut susciter une grande angoisse. Selon Antoine Pelissolo – psychiatre au Service de psychiatrie adulte de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris – la peur du noir a plusieurs origines. Elle est d’abord en lien avec la survie de l’espèce, ceci permettant de se protéger du danger aux époques ancestrales, tout comme le mécanisme de fuite. Pour ce psychiatre, « le cerveau dispose aussi d’une capacité d’apprentissage de la peur très performante, susceptible de détecter de nouveaux dangers, et de s’en souvenir parfois pendant toute une vie. Il sait aussi oublier ces peurs en cas d’erreur de jugement initial ou de modification du danger. Cette plasticité de la mémoire émotionnelle est une des bases de l’adaptation au monde. Mais quand elle est défaillante ou dépassée, des pathologies handicapantes apparaissent comme les phobies et les stress post-traumatiques. »

Au-delà, de façon inné, nous avons investi la vue à tel point que nous sommes en difficulté une fois privée de ce sens et chaque personne réagit plus ou moins fortement à cet aspect. Votre enfant peut être en fragilité dans le noir car il s’appuie particulièrement sur ce sens, tout simplement.

Il se peut qu’un événement traumatisant, mineur pour les adultes, mais conséquent pour l’enfant soit en cause, ou bien que l’un des parents transmette cette crainte en la ressentant lui-même.

Au moment du couché, évoquer cette peur, lui permettre de mettre des mots dessus et le rassurer, utiliser la lumière en mode veilleuse… sont autant d’outils qui seront utiles.

UNE PEUR PARTAGÉE
Vous représentez le modèle de votre enfant et surtout sa sécurité en tant que figure d’attachement (selon la théorie de John Bowlby). Ainsi, comme les enfants sont des « éponges » dit- on, des « esprits absorbants » de leur environnement (selon Maria Montessori), ils sont tout particulièrement réceptif à ce que vous vivez, ressentez et pensez.

Si vous avez-vous-même une phobie ou une appréhension en lien avec l’obscurité, il y a de fortes chances que votre enfant l’intègre en lui comme étant sienne. Mais son ressenti peut aussi jouer si vous êtes en état de stress, suite à des événements particuliers plus ou moins intense, il y a de fortes chances que votre enfant le ressente et le manifeste pour vous.

S’organiser de façon millimétré avec pour objectif un couché à telle heure, des tâches à exécuter à telle heure une fois les enfants couchés, vous garantie une soirée de sollicitations interminables de la part de vos bambins. Ils sentent votre préoccupation, votre anxiété et cette anxiété va « décharger » involontairement leur propre réservoir affectif (voir article https://julieabad.fr/enfant/il-elle-fait-encore-son-interessant-e/) Ainsi, cela va aller à l’encontre de vos projets.

Prendre soin de vous, vous autorisez un moment pour décompresser le soir en rentrant du travail (une douche, un café seul, s’allonger 5 minutes par exemple ne devrait pas être à négliger pour la suite de la soirée). Ensuite, évoquez honnêtement avec votre enfant ce que vous ressentez pour qu’il puisse identifier l’émotion et se désidentifier d’elle, puisqu’elle vous appartient.

La qualité de la relation que vous allez avoir avec votre enfant est une clé.

Ce moment avec vous

C’est à ce moment-là que la qualité de la présence que nous apportons à nos enfants prend tout son sens. La qualité de l’écoute et de la présence mentale lors du couché nous permet de gagner en efficacité pour remplir son réservoir affectif et par là même, lui permettre de trouver le sommeil seul.

L’écoute consiste à manifester de la présence mentale, permettre à l’enfant de s’exprimer, répondre à son besoin du moment parce que l’écoute nous permet d’identifier son besoin réel. Combien de fois passons-nous à côté des véritables causes d’anxiété ?

« Le Jeu Ecoute » est une solution, un outil pratique qui va apporter une profonde sérénité dans vos relations. Le Jeu Ecoute est l’occasion pour vous et votre enfant de passer 10 minutes, au moins, ensemble. Les règles sont les suivantes : votre enfant choisit tout ce que vous allez faire au rythme où il le veut, et vous devez vous plier à ses exigences. Seules « contraintes » : ne pas blesser qui que ce soit, ne pas se mettre en danger ni dégrader quoi que ce soit. L’intérêt du « jeu écoute » est qu’il se fait avec peu ou pas de matériel, ce qui va vous permettre de découvrir une nouvelle facette de votre enfant, et notamment au travers des jeux symboliques par lesquels il exprimera ses craintes et les résoudra grâce à votre présence bienveillante. Ce jeu renforce vos liens et apaise considérablement les crises qui pourraient avoir lieu sans ce « sas de décompression » incontournable dans la vie de votre enfant.

Le principe du co-dodo

Souvent décrié, il peut cependant être mit en avant pour ses vertus principales. Que l’on soit pour ou contre, il est intéressant de repérer l’intérêt principal de cette pratique dans la question que nous nous posons aujourd’hui.

En effet, cela permet un rééquilibrage émotionnel de l’enfant et lui permet de se sentir en sécurité pendant une période de temps dans laquelle il en a le plus besoin. Ce ne sera pas à vie et par chance, remplir une relation sécure grâce au touché affectueux favorise aussi son indépendance plus rapidement et facilement – naturellement !

Mais ce sujet reste à explorer sous différents angles. Voici un article d’une maman qui évoque sa vision sur le sujet et pourquoi elle est sortie de sa position anti cododo.

 

Le chamboulement bienvenu

« Merci pour ces conseils mais savez-vous qu’avec plusieurs enfants, c’est franchement compliqué d’être présent pour chacun en qualité, en temps et en possibilités ? »

Oui. C’est bien là une réelle difficulté qui rend la tâche plus complexe encore.

C’est ici que nous allons nous pencher sur l’intérêt d’apporter de la souplesse et des chamboulements dans ses principes afin de rendre sa vie de famille joyeuse, vivante et apaisante tout à la fois.

Vos enfants vous veulent tous en même temps ?

  • Pourquoi ne pas s’organiser pour passer du temps avec eux en même temps dans le salon autour d’un rituel commun ?
  • Essayons sinon la construction d’une cabane pour eux et pour vous avant le couché, cela sera votre lieu de remplissage de réservoir affectif, que ce soit seul à seul ou ensemble. Les frères ou les sœurs étant aussi là pour remplir l’affectif de l’autre.
  • Peut-être ont-ils besoin de dormir ensemble pour éviter les phobies et les peurs ? Il y a-t-il un mal à cela s’ils sont d’accord ?
  • Peut-on endormir le plus jeune avec le plus grand à ses côtés puis le plus grand seul à seul parce qu’il aura certainement besoin d’un moment privilégié « de grand » avec vous ? Le missionner pour aider à endormir le plus petit lui permet de se sentir une capacité de plus au sein de la famille. Cela peut aussi être en différé, le plus grand joue dans son espace pendant que vous donnez un réel moment de qualité avec le plus jeune.
  • Vous vous autorisez à dormir avec eux enfants car vous avez identifié un réel besoin d’être rassuré pour s’endormir.

Plusieurs possibilités s’offrent à vous et à partir du moment où vous avez identifié le besoin réel, vous gagnerez nécessairement en efficacité pour la gestion de ce moment délicat… et votre créativité fera le reste !

En tant que parent, vous êtes là pour permettre à vos enfants de se comprendre, se découvrir, connaître leurs forces. Pour cela, vous avez un travail d’exemplarité à faire : si vous voulez qu’ils soient détendus au moment d’aller au lit, c’est à vous de parvenir à vous équilibrer et leurs transmettre cette capacité. Les enfants sont des petits maîtres qui nous montrent ce dont nous avons besoin d’équilibrer en notre intérieur pour notre propre bien-être. Peut-être devrions nous changer notre façon d’aborder les difficultés que nous rencontrons avec eux et les voir comme des indices de mieux être à tous les niveaux ?

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Le respect de l’enfant en tant que personne

Susciter la coopération et l’autonomisation responsable

En théorie l’éducation positive ce sont ces grands concepts, et en réalité, c’est cela aussi. Mais appliqués de certaines façons et toujours en prenant en compte ce que l’on appelle « la mémoire traumatique » de l’adulte. 

Article sur le sujet ici La mémoire traumatique en éducation.

Des adultes en chemin

Avec l’Education positive par Julie ABAD, pas de « Parents parfaits » mais bien des parents en chemin. Aucuns jugements dans l’Education positive, juste de l’écoute, du partage, de la réparation émotionnelle et des outils positifs pour avancer sereinement sur le chemin de sa parentalité.

Chaque adulte reçoit cette graine qui leur permet de prendre soin de l’enfant qu’ils ont été. Et un jour, cette graine leur permettra de veiller sur chaque enfant dont il sera amené à croiser la route….

Propositions ici pour les accompagnements parentaux personnalisés

Et ça c’est tout les jours et plus encore avec le confinement.

Comment être entendu en tant que parent ? Répondre à de vrais questions quotidienne à la maison ?

Comment rester bienveillant alors qu’on est H24 avec son enfant dans une logement plus ou moins grand et adapté ? Comment en pas craquer et ne pas lui jeter ses chaussons à la figure ou l’agrafer au mur ?

Et en plus, les conseils dits « bienveillants » vont bon train…

Et vous dans tout cela ? Quand ces conseils ne répondent pas à votre réalité…

Il s’agit peut-être de faire le point et de reprendre les bases  pour trouver sa solution personnelle…

Tout les jeudis soirs à 19h et à 21h rdv de 45 minutes en visioconférence pour échanger sur vos difficultés et répondre à vos questions en petit comité.

Inscription obligatoire pour y participer sur contact@julieabad.fr 

                                                                 Envoyer votre nom, prénom, mail et ville.

Avec toute ma bienveillance,

Julie

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