Pourquoi mon enfant ne me laisse-t-il jamais tranquille quand je suis au téléphone ?

7 janvier 2019 | Parents / Enfant

“Lancinante question qui revient dés que je téléphone à ma sœur ou à mes amies. Peu importe l’âge, vient toujours ce moment d’interruption impromptu dans la conversation téléphonique quoique tellement intéressante !

«Maman regarde !…. mais regarde !!»

ou bien dans la cuisine

«Maman j’ai plus faim, je veux du chocolat” / sur les toilettes“Viens m’essuyer les fesses maammaaann !»

ou encore “ … * grosse crise de larmes totalement incompréhensible et in-calmable*…

#jesaisplusquoifairemoi

Pourquoi ?

“Besoin d’attention nous dit Alexandra Rollin et Aline Charpin, besoin qu’on s’occupe de lui ou d’elle et pour s’affirmer ajoute Cel Ine, un peu pour m’embêter puisqu’ils savent que ça me dérange de les entendre quand je suis au téléphone nous livre Nel Elodie Pisicchio.”

Les filles vous avez toutes raison !

En effet, un enfant lorsqu’il sent que l’attention de l’adulte n’est plus portée sur lui, va avoir tendance à venir la chercher, la solliciter… par différents moyens.

Mais que se passe-t-il en réalité dans sa tête, au niveau inconscient, au niveau de son cerveau ?

Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui nous échappe et nous met en difficulté pour avoir la ou les réponses ajustées et efficaces ?

Rien que pour vous, voici quelques données issues de mes recherches.

Parlons de John Bowlby (1907-1990 ) psychiatre et psychanalyste anglais, qui a joué un rôle important dans la compréhension du développement de l’enfant.

La théorie de l’attachement qu’il a développée nous apprend que :

  • L’enfant développe un lien spécifique avec la personne qui s’occupe de lui dans les premiers mois de sa vie. On parle de figure d’attachement principale. Cette personne joue un rôle prépondérant : il va rassurer, sécuriser, réconforter et protéger tout au long de la vie de l’enfant en cas de détresse.
  • La qualité de l’attachement va dépendre de la rapidité et de la manière dont l’adulte va répondre aux signaux de l’enfant. Un enfant qui bénéficie d’un attachement sécure va développer sa sociabilité, son empathie et manifestera une bonne estime de lui-même.

A côté de cela, l’approche neuroscientifique nous apprend que :

  • L’amygdale est une partie du cerveau qui est présente dès la naissance. Elle joue un rôle primordial dans nos réactions de peur.
  • En revanche, on apprend que les structures chargées de travailler étroitement à ses côtés pour gérer les émotions (l’aire orbito-frontale et l’aire ventro médiane où l’hippocampe, les connexions entre le cortex et le système limbique) sont peu fonctionnelles et peu développées chez les enfants.
  • En faisant simple, dans le cerveau de l’enfant lorsqu’il est exposé à un stress de petite ou grande nature, la réaction va choisir le circuit court (qui va être assimilé aux réactions instinctives de survie) car c’est le circuit qui est déjà parfaitement fonctionnel. Cependant, tout au long de son enfance et ce jusqu’à ses 25 ans, l’enfant puis le jeune adulte continue de développer les éléments nécessaires pour traiter les informations, rationaliser, anticiper ou organiser sa vie et ses réactions aux évènements. Il a la possibilité de choisir le circuit long dans le traitement de ce qui est perçu dans son environnement.

Du côté des théories du développement de l’enfant on sait aussi que :

  • Quand un enfant naît, il va savoir marcher instinctivement puis perd ce réflexe. Il va y revenir ensuite, plusieurs fois et étape par étape.
  • L’apprentissage et la capacité à aller vers l’extérieur cela se fait en entonnoir. D’abord, très collé à maman ou papa, l’enfant va expérimenter, revenir, ré expérimenter un peu plus loin, revenir…
  • On parle aussi du « réservoir d’amour » qui est une sorte de sac à réserve de douceur que l’on peut remplir à satiété pour pouvoir partir explorer. Et c’est notre figure d’attachement primaire ou secondaire qui peut nous l’apporter.

En résumé, que ce soit au niveau du cerveau et de sa chimie, au niveau de la psychologie ou de la connaissance de l’enfant, on retombe toujours sur la même idée.

Mon enfant cherche à vérifier qu’il est toujours bien en sécurité même si je vais vers l’extérieur, que je lui donne le sentiment de m’éloigner de lui, même momentanément.

C’est totalement inconscient chez lui, c’est un réflexe quand son réservoir manque de réserve justement.

Ainsi, le contact physique affectueux et une relation de qualité (jeux, échanges) favorisent l’attachement sécure. C’est une condition à notre propre liberté.

C’est un investissement d’avenir, en terme de temps et de qualité, pour lequel nous aurons nécessairement un retour : plus il sera sécure, moins il viendra nous interrompre lorsqu’il ressentira de l’anxiété, liée au fait que notre attention n’est pas suffisamment concentrée sur lui… puisqu’il saura qu’il a déjà ses ressources internes !

Revenons à notre coup de téléphone contrarié à la lumière de tout cela !

Parents ! A vos supers pouvoirs !

  1. Je peux anticiper. Je passe un petit moment de qualité (j’insiste sur la qualité de la présence que l’on porte à son enfant à ce moment-là) et en l’ayant prévenu que nous allons nous absenter pour téléphoner ensuite. En faisant cela on remplit son réservoir d’amour et donc on se garantit que l’attachement est sécure, qu’il va pouvoir être sans sa source intarissable pendant le temps qu’il nous faut.
  2. Je temporise. En cas de coup de fil impromptu, je peux couper ma conversation quelques instants pour offrir une minute de présence à mon enfant en mettant 100% de mon attention sur lui pour lui expliquer que je vais reprendre ma conversation, qu’il peut rester à côté de moi, faire un câlin, jouer, établir une liste de chose à faire ensemble pour après le coup de téléphone, préparer avec moi le repas juste après… Si c’est une question urgente qui nécessite une action de votre part, il est important de la faire, parce que votre investissement envers lui va lui permettre de se rassurer, “ma source d’amour est toujours disponible en cas de crise”. Cela ne le dispense pas de recevoir l’explication qui va nous permettre de nous libérer du temps ensuite.
  3. Je délègue.Je prends à nouveau le temps de rassurer (remplir le réservoir d’amour) mais je renvoie vers la figure d’attachement secondaire qui passe par là « hé papa, tu viens par-là deux minutes, quelqu’un a terriblement besoin de toi ! 😀 »
  4. Je fais avec.Proposer un câlin simultané au coup de téléphone «  Viens par-là chaton, je suis au téléphone mais on va s’installer ensemble pour faire un câlin sur le canapé en même temps, histoire de remplir tes réserves d’amour un peu vides à ce que je vois… »

Si tout cela ne fonctionne pas, c’est peut-être qu’il se passe autre chose de plus profond encore et qu’un éclairage peut être utile.

Si vous avez besoin d’écoute et de soutien, n’hésitez pas, je suis disponible pour vous !

Je vous souhaite à tous de redécouvrir vos supers pouvoirs de parents !

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